La maladie du glaucome endommage les yeux. Le nerf optique, le principal nerf de l’œil responsable de la vision, est endommagé lorsque la pression à l’intérieur de l’œil, appelée pression intraoculaire, augmente.
Glaucome et CBD
Le THC et le CBD sont tous deux présents dans le cannabis. Certaines souches ont beaucoup de THC, tandis que d’autres ont beaucoup de CBD. Dans tous les cas, le THC est toujours présent dans le cannabis. Pour être vendus légalement en France, les produits à base de CBD doivent contenir moins de 0,2 % de THC. Selon l’étude, si le THC diminue la pression intraoculaire, le CBD semble avoir l’effet inverse et n’est pas indiqué pour le traitement du glaucome. Les processus par lesquels les cannabinoïdes comme le THC réduisent la pression intraoculaire sont encore inconnus des chercheurs. Les études cliniques, en revanche, révèlent que l’utilisation correcte et efficace du cannabis abaisse la pression intraoculaire. Selon certaines idées, les cannabinoïdes activent les récepteurs CB1 dans le système endocannabinoïde et améliorent l’écoulement du liquide aqueux. Le CBD, quant à lui, est connu pour activer les récepteurs CB1 dans le sens inverse.
Ce que suggère la recherche sur le CBD pour le glaucome
Le CBD pour le glaucome a fait l’objet de peu d’études, le THC étant sous les feux de la rampe. Cependant, rien ne prouve que le CBD puisse aider à lutter contre le glaucome. Selon une étude récente, le CBD a provoqué une augmentation de la pression intraoculaire et a même empêché le THC de la réduire. Cela montre que le THC, et non le CBD, est responsable de la diminution de la pression intraoculaire, ce qui implique que les variétés de cannabis à forte teneur en THC sont bonnes pour le traitement du glaucome. Le THC a considérablement réduit la pression intraoculaire dans une courte étude clinique sur le glaucome, mais le CBD a eu peu d’effet ou a augmenté la pression intraoculaire à des doses plus élevées. En résumé, les preuves ne semblent pas étayer l’utilisation du CBD pour traiter le glaucome.
Comment le glaucome se développe-t-il ?
La cause spécifique du glaucome chez certaines personnes est inconnue. Le glaucome a tendance à être plus répandu chez les diabétiques, une population pour qui le rôle du CBD face au diabète est aussi étudié. Les autres facteurs de risque de glaucome sont les suivants :
- Les traumatismes oculaires (presbytie)
- les descendants d’Afro-Américains, d’Irlandais, de Russes, de Japonais, d’Hispaniques, d’Inuits ou de Scandinaves
- Utilisation de médicaments stéroïdes
Symptômes du glaucome
L’un des aspects les plus difficiles de la reconnaissance du glaucome à angle ouvert est que la plupart des patients ne présentent aucun symptôme. Il est assez typique d’avoir une augmentation progressive de la pression intraoculaire sans aucune gêne ni aucun autre symptôme. La perte de vision périphérique est l’un des premiers symptômes que les personnes remarquent (vision sur les côtés de vos yeux). Le glaucome est souvent à un stade avancé à ce moment-là. Le glaucome par fermeture de l’angle, qui est peu fréquent, provoque une gêne oculaire, un flou et des maux de tête sévères, ainsi que des nausées et des vomissements. Dans ce cas, la victime doit consulter immédiatement un médecin.
Il existe deux formes de glaucome
Le glaucome a des conséquences graves. Si la pression continue à augmenter, des problèmes visuels irréversibles et la cécité peuvent survenir. Un mauvais drainage du liquide contenu dans l’œil, appelé humeur aqueuse, provoque une accumulation de pression dans l’œil. Le glaucome se divise en deux types : le glaucome à angle ouvert (le plus fréquent) et le glaucome à angle fermé (le moins fréquent) : La région où le liquide est censé s’écouler semble normale dans le glaucome à angle ouvert, un glaucome chronique, mais elle ne s’écoule pas correctement pour une raison quelconque. Le drainage de l’humeur aqueuse est entravé dans le glaucome à angle fermé, ce qui entraîne une augmentation de la pression oculaire. C’est une situation qui met la vie en danger. D’autres troubles pour lesquels le CBD a fait l’objet de recherches sont les suivants :
- douleurs chroniques et neuropathiques
- migraine
- sclérose en plaques (avec un effet documenté sur la spasticité)
- rhumatismes inflammatoires
- syndrome des ovaires polykystiques
- névralgies périphériques (Arnold, trijumeau)
- cancer (effet adjuvant, voir notre dossier dédié)
- épilepsie pharmacorésistante (indication validée par l’Epidiolex)
- syndrome prémenstruel
- arthrite et états inflammatoires chroniques
- fibromyalgie
- endométriose
Pourquoi le CBD ne baisse pas la pression intraoculaire (et le THC oui)
La régulation de la pression intraoculaire fait intervenir deux paramètres : la production d’humeur aqueuse par les corps ciliaires et son drainage via le trabéculum et la voie uvéosclérale. Le THC, en se fixant sur les récepteurs CB1 du segment antérieur de l’œil, augmente le drainage uvéoscléral et abaisse la pression de 20 à 30 % pendant 3 à 4 heures dans les études publiées (notamment celles de Hepler & Frank, 1971, qui ont lancé l’intérêt clinique).
Le CBD, en revanche, agit comme un modulateur allostérique négatif sur le récepteur CB1 : il atténue la fixation des agonistes naturels et du THC, et son effet net sur l’œil est l’inverse de celui du THC. Une étude de l’Université d’Indiana publiée en 2018 a même objectivé une augmentation de la pression intraoculaire chez des souris recevant du CBD seul, et un blocage de l’effet hypotenseur du THC quand les deux étaient administrés ensemble. C’est un résultat important parce qu’il invalide une idée reçue : un produit full spectrum riche en CBD n’est pas équivalent au THC pur pour cette indication, et peut même contrarier l’effet recherché, ce qui tient aux différences entre les cannabinoïdes THC et CBD.
Pourquoi le THC reste un mauvais traitement chronique du glaucome
Malgré son efficacité ponctuelle, le THC n’est quasiment plus envisagé en première intention pour le glaucome, et ce pour quatre raisons concrètes :
- Durée d’action courte : 3 à 4 heures par administration, ce qui imposerait 6 à 8 prises par jour pour maintenir la pression dans la fourchette cible.
- Effets psychoactifs : l’altération de la vigilance et de la coordination est incompatible avec une vie professionnelle ou la conduite.
- Tachyphylaxie : la tolérance s’installe rapidement, et la dose efficace augmente avec le temps.
- Alternatives modernes : les analogues de prostaglandines (latanoprost, bimatoprost) sont mono-prises, dépourvus d’effets centraux et abaissent la pression de 25 à 35 % de façon stable. Aucun cannabinoïde ne rivalise sur le rapport efficacité/contraintes.
Ce qui reste à étudier autour du cannabidiol
Quelques pistes restent ouvertes pour la recherche, sans constituer une recommandation clinique :
- Effet neuroprotecteur sur le nerf optique : indépendamment de la pression intraoculaire, le CBD pourrait protéger les cellules ganglionnaires de la rétine de la mort programmée induite par l’hyperpression. Des travaux précliniques explorent cette hypothèse mais aucune étude clinique convaincante n’a été publiée.
- Combinaison avec le THC à dose modulée : ajuster le ratio THC:CBD pour préserver l’effet hypotenseur du THC tout en limitant ses effets centraux.
- Voie topique : des collyres à base de cannabinoïdes ont fait l’objet de brevets aux États-Unis, mais la biodisponibilité cornéenne reste un défi technique majeur.
En l’état actuel des données, le cannabidiol n’est ni un substitut, ni un complément validé aux traitements ophtalmologiques classiques. La meilleure conduite reste un suivi régulier de la pression intraoculaire, l’observance scrupuleuse du traitement prescrit et la discussion avec l’ophtalmologue de toute auto-médication.
Précautions pour les patients atteints de glaucome
Pour les personnes diagnostiquées qui s’intéressent au CBD pour d’autres motifs (sommeil, anxiété, douleur), trois points méritent l’attention :
- Pas d’arrêt du traitement classique sans avis médical, même si une amélioration subjective est ressentie : la perte visuelle liée au glaucome est silencieuse et irréversible.
- Privilégier un isolat ou un broad spectrum bien dosé en CBD pour écarter tout effet THC résiduel, dont l’impact intraoculaire reste documenté.
- Surveillance accrue : un contrôle de la pression intraoculaire un mois après l’introduction du CBD permet d’objectiver l’absence d’aggravation, indépendamment de la réponse ressentie.
FAQ : CBD et glaucome
Le CBD peut-il remplacer mon collyre pour le glaucome ? Non. Les preuves disponibles vont dans le sens opposé : le CBD peut augmenter la pression intraoculaire. Le THC abaisse la pression, mais sa durée d’action et ses effets centraux le disqualifient pour un traitement chronique.
Le THC médical est-il prescrit pour le glaucome en France ? Non. Le glaucome ne fait pas partie des cinq indications retenues par l’expérimentation française du cannabis médical.
Un produit full spectrum aggrave-t-il le glaucome ? Pas nécessairement, mais le doute reste suffisant pour préférer un isolat ou un broad spectrum si le glaucome est confirmé.
Existe-t-il un collyre au cannabidiol ? Pas en pharmacie. Des prototypes sont à l’étude mais aucune autorisation n’a été délivrée à ce jour en Europe.
Le CBD oral peut-il aider la douleur oculaire associée au glaucome ? Possiblement, par son action antalgique générale, mais sans effet sur la cause (la pression). Un avis ophtalmologique reste indispensable.