Le CBD est de plus en plus populaire et se démocratise au fil des années. Toutefois, il n’est pas encore légal partout. Dans certains pays, cette substance fait l’objet de contestation. Il s’agit d’une molécule sujette à diverses lois qui sont propres à chaque État. Le CBD est-il légalisé à l’étranger ? Éléments de réponse ici.
Le CBD en Europe
L’Europe comporte 28 pays et le CBD est évoqué dans toutes ces destinations sans exception. Il est évident que la France semble être en retard dans plusieurs secteurs, y compris sur la question de la légalité du CBD. En Suisse par exemple, la consommation du CBD est autorisée depuis 2011. Vous pouvez donc consommer le CBD sous toutes ses formes pourvu qu’il ne contienne pas plus de 1 % de THC. En ce qui concerne les autres pays, la situation est aussi bien développée. L’Allemagne a autorisé la consommation de la substance d’un point de vue médical en 2017. Il s’agit d’un pays dans lequel le cannabidiol ne doit pas contenir plus de 0,3 % de THC comme dans la plupart des pays européens, où l’on distingue d’ailleurs les produits à base de CBD qui sont légaux en France et en Europe. Certains pays comme la Suisse constituent une exception à cette limite. En Angleterre, l’usage thérapeutique du CBD a été autorisé en 2018. Quant à la Belgique, elle l’a autorisé en 2019 en identifiant la substance à un tabac à fumer. Il existe d’autres pays dans lesquels le cannabidiol est autorisé. C’est le cas par exemple de l’Italie et l’Espagne.
Le cas de l’Asie
En Asie, le CBD a conquis plusieurs pays. Il y a de nombreux états qui ont autorisé son usage thérapeutique dans le respect d’un seuil de THC fixé par leur propre législation, souvent plus strict que celui appliqué en Europe. Dans le même temps, certains états restent sceptiques quant à ses bienfaits et sont déficients à l’idée de légaliser sa consommation. En Chine, le cannabidiol est considéré comme un produit légal. Il y a d’ailleurs de nombreuses entreprises chinoises qui en fabriquent. Il est évident que la situation est en avance par rapport à l’Europe. En Thaïlande, le CBD est autorisé pour les touristes et pour les habitants à certaines conditions. Il doit être utilisé à des fins médicales. Il ne faut pas le confondre avec le cannabis récréatif. À noter que la Thaïlande était tout comme la France contre la consommation et la commercialisation du cannabidiol. Quant au Japon, il a autorisé la substance après plusieurs rejets de la part des autorités étatiques. C’est en 2016 qu’elle est officiellement légalisée et autorisée à la consommation. Les entreprises ont aussi l’autorisation d’en produire. Contrairement à plusieurs pays, le Japon autorise les publicités faisant la promotion de produits à base de CBD. Les acteurs peuvent donc parfaitement mettre en avant les bienfaits de cette molécule. Enfin, certains pays asiatiques portent un grand intérêt au domaine de l’esthétique. Le cannabidiol y est utilisé sous forme de baume et de produits cosmétiques à base de CBD.
Le CBD au Canada et aux États-Unis
Au Canada, le CBD est autorisé à l’image du cannabis. Il s’agit d’un pays qui semble être en avance sur ces sujets, notamment par rapport au cannabis dont le taux de THC élevé peut être nocif au consommateur. Toutefois, avant de procéder à un achat de produits contenant du CBD, il est indispensable d’avoir 21 ans. Les personnes n’ayant pas cet âge ne peuvent pas effectuer l’achat. Le cannabis étant légalisé depuis 2018 dans le pays, il n’est pas surprenant de voir que le cannabidiol y est légal. Les États-Unis sont divisés en 50 États possédant chacun leurs propres lois. La situation est différente dans chacun d’eux. Pour ceux qui le savent, le CBD y était interdit auparavant. Il est vrai que dans certains États le cannabis était déjà légalisé. L’histoire du cannabidiol aux États-Unis a été marquée par plusieurs interdictions et autorisations. Cela a semé le doute chez certaines personnes. Ainsi, à un moment donné, le CBD a été exposé à de nombreuses critiques dans l’Amérique entière. C’est après cela, qu’en 1937, le Marijuana Art a fait de la molécule, un produit contrôlé par l’Amérique. Cependant, en 1970, le cannabidiol a été interdit non seulement de consommation mais également pour des usages thérapeutiques. L’ancien président Donald Trump a autorisé en 2018 l’usage industriel du cannabis contenant une faible teneur en THC. Cette décision permet aux habitants et aux producteurs locaux de faire le commerce du CBD américain.
Pourquoi les règles changent-elles autant d’un pays à l’autre ?
Il n’existe aucune convention internationale unique qui tranche le statut du CBD, contrairement au THC, encadré depuis longtemps par les conventions de l’ONU sur les stupéfiants. Chaque État est donc libre d’interpréter à sa manière si le CBD relève des compléments alimentaires, des produits de bien-être, du médicament ou, dans certains cas, du cannabis au sens large. C’est cette absence de cadre commun qui explique des situations aussi différentes qu’un seuil de THC toléré à 1 % en Suisse et une interdiction quasi totale ailleurs. S’ajoute à cela que la législation évolue vite, parfois en quelques mois, au gré des décisions de justice ou des changements de majorité politique. Un statut vérifié il y a un an peut ne plus être exact aujourd’hui. Au moment où ces lignes sont écrites, la tendance générale en Europe va plutôt vers un assouplissement progressif, porté notamment par la jurisprudence européenne, mais rien ne garantit que cela reste vrai partout ni durablement.
Le CBD dans les pays au régime strict sur les stupéfiants
Certains pays n’établissent aucune distinction claire entre CBD et cannabis dans leur droit pénal, ce qui change complètement la donne par rapport à l’Europe. C’est notamment le cas de plusieurs États du Golfe et d’une partie de l’Asie du Sud-Est, où la législation antidrogue reste particulièrement sévère et où la présence de traces de THC, même infimes, peut suffire à justifier des poursuites. Dans ces juridictions, le raisonnement “le produit est légal chez moi” n’a strictement aucune valeur : c’est la loi locale qui s’applique, point final. La prudence maximale s’impose donc avant tout déplacement vers ces destinations. Se renseigner uniquement via des forums de voyageurs ou des avis d’internautes est risqué : mieux vaut consulter les informations officielles du ministère des Affaires étrangères ou de l’ambassade du pays concerné, qui publient généralement des recommandations à jour sur les substances interdites à l’entrée du territoire.
Voyager avec du CBD : ce qu’il faut vérifier avant de partir
Emporter de l’huile de CBD achetée en France dans ses bagages pour un voyage à l’étranger n’a rien d’anodin, même vers un pays voisin. La première chose à vérifier est le taux de THC du produit et sa conformité avec le seuil du pays de destination, qui peut être plus strict que celui de la France. La seconde est la forme du produit : un produit full spectrum, qui conserve l’ensemble des cannabinoïdes de la plante, attire davantage l’attention aux frontières qu’un isolat de CBD pur, plus facile à justifier en cas de contrôle. Garder sur soi le certificat d’analyse du produit, en anglais si possible, est une précaution simple qui peut éviter bien des complications. Ce document prouve la composition exacte du produit et sa conformité légale, un argument qui peut faire la différence face à des douaniers peu familiers du CBD. Dans le doute, la solution la plus sûre reste tout simplement de ne pas emporter de CBD du tout et de vérifier sur place s’il existe une offre locale conforme à la réglementation du pays visité.
L’Océanie et l’Amérique du Sud : des situations encore mouvantes
En Australie et en Nouvelle-Zélande, l’accès au CBD reste largement conditionné à une prescription médicale, une approche beaucoup plus restrictive que le modèle européen des compléments alimentaires. En Amérique du Sud, la situation est très hétérogène : certains pays avancent vers un encadrement médical du cannabis, CBD inclus, tandis que d’autres maintiennent une législation antidrogue stricte qui ne fait pas de distinction avec le THC. Là encore, aucune généralité fiable ne peut être avancée sans vérifier le droit local au moment du déplacement, tant les évolutions sont fréquentes sur ce continent.
En résumé, que retenir avant d’acheter ou d’emporter du CBD à l’étranger ?
Il existe de nombreux pays dans lesquels le CBD est légal ou toléré. La consommation et la commercialisation de ce produit sont toutefois encadrées par des lois très différentes selon les régions du monde, et ce qu’il faut savoir avant d’essayer le CBD en France ne suffit pas à couvrir ce qui t’attend une fois la frontière passée. Un même produit peut être parfaitement anodin en France et poser un vrai risque juridique quelques heures d’avion plus loin, ce qui justifie de ne jamais généraliser une règle nationale à l’ensemble de la planète.